Côte d’Ivoire : Diallo Diamy sur l’affaire KDS : les souscripteurs regrettent l’emprisonnement du PDG Koffo Doga Séverin
Diallo Diamy, femme d’affaires de nationalité guinéenne et journaliste indépendante, s’est prononcée sur l’affaire de KDS dont le PDG Koffo Doga Séverin, est détenu au Pôle Pénitentiaire d’Abidjan depuis plus d’un an. Pour cette nomade qui maîtrise bien le monde des affaires pour ses expériences aux États-Unis, en Angleterre, en France et un peu partout dans le monde, la justice ivoirienne s’est montrée beaucoup trop sévère envers Monsieur Koffo, qu’elle aurait pu placer simplement sous surveillance judiciaire. Installée à Abidjan depuis belle lurette et pour avoir suivi de bout en bout l’affaire de KDS, Diallo Diamy a tenu à donner son avis sur ce sujet à travers cet article :
Insatisfaits de la lenteur du remboursement de leurs investissements, des souscripteurs de KDS, à travers des agissements nuisibles, ont œuvré à l’emprisonnement du PDG Koffo Doga Séverin ainsi que deux de ses collaborateurs. En agissant de la sorte, les souscripteurs croyaient que le Ministère public réussirait à leur rembourser leurs dûs après avoir mis les biens de la société KDS en vente. Plus d’un an après, ils font malheureusement le constat qu’ils ont choisi la mauvaise voie : aucun parmi eux n’a reçu un centime. La mise en vente des véhicules ne peut les soulager, surtout qu’après plusieurs mois d’inactivité, certaines voitures se sont abîmées quand d’autres ont été volées. L’absence de Monsieur Koffo a au contraire détruit tout leur espoir !

Diallo Diamy, femme d’affaires internationale, journaliste indépendante / Crédit : Diallo Diamy
Lorsqu’il était dans ses bureaux, Monsieur Koffo, tout en procédant à des remboursements échelonnés, demandait à ses souscripteurs de faire confiance au temps. Jamais il ne les abandonnerait ! leur avait-il promis. Une banque de la place s’était même investie dans l’accompagnement de la société, dans un partenariat gagnant-gagnant à long terme. La fronde des souscripteurs a hélas anéanti les assurances de dénouement positif qui se profilait. Aujourd’hui, les souscripteurs regrettent l’emprisonnement de Monsieur Koffo et sont passés à autre chose. Libre, il leur était pourtant plus profitable.
Que retenir de l’emprisonnement de Monsieur Koffo ?
Des sociétés de VTC telles que Exo Transport, NKL Groupe, Ara, Prestige Groupe, Sautoc, ont pris la fuite avec l’argent des investisseurs, leur modèle économique étant basé clairement sur de la chimère comme dans le cas d’Agrobusiness dont les plantations n’existaient pas. C’était tout le contraire de KDS Holding qui avait plus de mille véhicules en circulation : c’était visible au quotidien, palpable. Le capital des investisseurs a servi à l’achat des automobiles, et cela est incontestable. Un audit mené par l’État de Côte d’Ivoire au sein de KDS, a même confirmé cela. Comment donc garder en prison un chef d’entreprise qui ne s’est dérobé avec l’argent de personne ? Un chef d’entreprise qui a investi dans le Transport, et qui, en toute responsabilité, a affronté les difficultés quand elles ont survenu sur son itinéraire ?

Crédit : KDS – FDTR/
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Un chef d’entreprise qui a réussi à rembourser 40℅ de ses souscripteurs en rendant compte de façon permanente au Comité de veille du Trésor Public ? Avec toute la bonne foi qu’il n’a cessé de mettre en évidence, Monsieur Koffo méritait-il la prison ? Les vrais escrocs prennent la fuite et ne sont nullement recherchés et inquiétés. Et les chefs d’entreprise responsables sont arrêtés. C’est ce que déplore le président des Syndicats et Chauffeurs Professionnels de Côte d’Ivoire, plaidant pour la relaxation du fondateur de KDS.

Monsieur Koffo Doga Séverin/ Crédit : KDS
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Le milieu du Transport est très difficile. Les pannes sont recurentes, les accidents aussi, les chauffeurs, parfois sans probité. Pour ne pas endosser les aléas de ce secteur à risques, certains investisseurs préfèrent confier leurs véhicules à des gestionnaires, comme cela a été le cas avec KDS. Le minimum qu’on pouvait accorder au PDG Koffo, c’était la compréhension, la tolérance, lui qui a réussi à générer plus de 3000 emplois, lui qui a offert 50 taxis à la Jeunesse de Bouaké sous la supervision du Fonds de Développement du Transport Routier (FDTR).

Photo illustrative de la cérémonie de remise de 50 taxis à la Jeunesse de Bouaké, par KDS/ Avril 2023/ Crédit : Ministère du Transport ivoirien/
Ses employés, aujourd’hui dans le désarroi, avaient fait plusieurs sorties pour demander sa libération. Les regrets ne sont pas que du côté des souscripteurs. L’employabilité en pâtit.
N’est-il pas temps de libérer Monsieur Koffo Doga Séverin ?
Diallo Diamy
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