Dérives éducatives et sécuritaires en France : à qui la faute ?

Article : Dérives éducatives et sécuritaires en France : à qui la faute ?
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28 juillet 2024

Dérives éducatives et sécuritaires en France : à qui la faute ?

Les parents de Naël sont inquiets depuis un petit moment. Où leur garçon de 8 ans est-il allé ? Ils ont dû manquer de vigilance en ne le voyant pas sortir de la maison. Troublant, dans ce Saint-Ouen, une banlieue parisienne où les risques d’enlèvement ne sont pas à proscrire. Au jardin public, chez les voisins d’habitation où le petit aurait pu s’inviter, il n’y est nulle part ! Alors que le couple s’apprête à appeler la Police pour lancer une alerte, Naël apparaît soudain dans leur salon, confronté à la colère de ses parents :

-Petit morveux ! Tu nous as donné une de ces peurs ! D’où viens-tu ? À qui as-tu demandé la permission avant de sortir d’ici ! ?

-Mais à personne ! réplique l’enfant d’un ton atrabilaire. J’ai bien le droit d’aller jouer, moi !

-Écoute, tu ne reponds pas à tes parents sur ce ton, hein ! s’énerve la mère.

-Et sur quel ton m’avez-vous abordé quand vous m’avez traité de morveux ? rebondit le garçon avec insolence. Vous croyez que ça fait plaisir de s’entendre injurier de la sorte juste pour une petite absence ?

Three kids visiting Paris. They are looking from the balcony of Paris Opera at the place de l’opera. The girls is aged 9 and her brothers are aged 6.

Monsieur Ahoba, le père, ne tient plus. L’africain qu’il est se souvient de ce qu’a été son éducation auprès de ses géniteurs, à Attécoubé en Côte d’Ivoire. Lever le ton sur ses parents ? Quel mioche pouvait-il se permettre cette outrecuidance ? Les parents, on les craignait. À la moindre imprudence, ils pouvaient frapper très mal ! En France où il a immigré pour construire sa vie, Ahoba a fait le choix d’une épouse tout aussi éduquée dans les principes de la rectitude. Celle-ci, née de parents bretons, a fait son enfance en Bretagne, sa jeunesse en Normandie avant de se fondre dans le four de Paris pour des raisons professionnelles. Face à l’insolence de son garçon, Marjolaine Doucet, la femme d’Ahoba, ne peut s’empêcher de se retenir. Elle soulève brusquement Naël, le courbe, puis lui envoie des fessées :

-On ne répond pas à ses parents, petit impoli !

Ahoba approuve la correction, trouvant quand même les pleurs de son fils assez exagérés. Le bébé gâté, s’il avait connu son grand-père d’Afrique, il aurait su qu’une fessée est plutôt une caresse.


Le lendemain à l’école, Naël n’a pas l’air comme d’habitude. L’institutrice s’en rendant compte, elle approche le garçon qui ne se fait pas prier pour révéler la bastonnade fessière qu’il a reçue de sa maman. L’enseignante s’en offusque et met des choses dans la tête de son élève :

-Naël, tu as des droits, tu sais. En France, c’est interdit de frapper les enfants. Tes parents n’auraient pas dû te toucher, non ! Tu as la possibilité de porter plainte contre eux. On pourrait t’assister dans ce sens, et si tu coopères, ta mère subira la rigueur de la loi. Tu veux en parler au Service assistance enfance ?

Naël est subitement heureux juste à la pensée de pouvoir se venger de la fessée de sa mère… Après une enquête, le Service assistance enfance fait son rapport auprès des juridictions. Marjolaine Doucet est arrêtée et placée en garde à vue pour maltraitance à l’encontre de son fils. Ahoba n’en revient pas, surtout que son garçon se montre insensible, vindicatif, moqueur…

Frontgate of a french police station with the

Dans les locaux de la Police, Ahoba serre son épouse fort contre lui. Les deux époux ne peuvent contenir leurs larmes, dévastés à l’idée de penser qu’ils soient au commissariat par la volonté de leur fils. La télévision fixée au mur annonce à travers une dépêche qu’un jeune de la vingtaine a tenté d’égorger un chauffeur de taxi, en plein Paris. Marjolaine, rageuse, s’adresse aux policiers : « Demain, ça pourrait être mon fils dans le rôle de ce bandit qui a voulu commettre un meurtre. Car c’est ça la France. Cette France qui, au nom de certains droits bidons, fabriquent des monstres dès leurs bas âges pour ensuite se plaindre demain d’être en insécurité ! Si pour une fessée à un enfant on doit mettre ses parents en garde à vue en les accusant de maltraitance, faudrait pas être surpris que demain ce soit cet enfant qui, devenu adulte, plaquera une fessée à cette France qui l’aura trop vite gâté !… »

Louis-César BANCÉ

(Une imagination de LCB pour décrire le calvaire que vivent certains parents en France, dans l’éducation de leurs enfants)

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